La vente occasionnelle d’une voiture ordinaire par un particulier est en principe exonérée d’impôt sur la plus-value. Une voiture fiscalement reconnue comme objet de collection relève toutefois d’un régime spécifique. Au-delà de 5 000 euros, le vendeur résident fiscal français doit en principe acquitter une taxe forfaitaire de 6 % du prix de vente, à laquelle s’ajoute 0,5 % de CRDS, soit 6,5 % du prix, ou opter pour l’imposition de la plus-value réelle s’il peut justifier l’acquisition.
Le choix n’est pas automatique : il dépend du prix d’achat documenté, des frais de restauration justifiables, de la durée de détention et de la façon dont le véhicule est entré dans le patrimoine. En 2026, il faut également tenir compte du relèvement des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Ce guide détaille la méthode, les formulaires et les documents à préparer avant de signer la vente.
Informations vérifiées le 6 octobre 2026 pour un particulier résident fiscal français réalisant une vente occasionnelle dans la gestion de son patrimoine privé. Une activité habituelle d’achat-revente, un véhicule inscrit à l’actif d’une entreprise, une exportation ou une situation internationale obéissent à d’autres règles. Faites valider les chiffres par votre service des impôts ou votre conseil avant la transaction.
L’essentiel en 30 secondes
| Situation | Régime principal | Déclaration |
|---|---|---|
| Prix de cession inférieur ou égal à 5 000 € | Exonération de la taxe sur l’objet de collection | Conserver les justificatifs |
| Prix supérieur à 5 000 €, sans preuve suffisante de l’acquisition | 6 % du prix + 0,5 % de CRDS, soit 6,5 % | Formulaire 2091-SD |
| Prix supérieur à 5 000 €, date et prix d’acquisition prouvés | Option possible pour la plus-value réelle | Formulaire 2092-SD |
| Détention d’au moins 22 ans suffisamment justifiée | Option pour le régime réel avec exonération par abattement | Formulaire 2092-SD à déposer malgré l’exonération |
| Voiture ancienne ne constituant pas fiscalement un objet de collection | Vente privée occasionnelle d’une automobile en principe hors régime des plus-values mobilières | Vérifier la qualification et garder le dossier |
La taxe forfaitaire porte sur le prix total de cession, même si le vendeur réalise une faible plus-value ou une perte. Le régime réel porte uniquement sur la plus-value nette après prise en compte des éléments admis et de l’abattement pour durée de détention.
Une voiture ancienne est-elle toujours un objet de collection pour l’impôt ?
Non. Le BOFiP précise que la qualification est une question de fait appréciée au cas par cas. Elle peut résulter de l’ancienneté, de la rareté, de l’arrêt de la production, de la valeur élevée par rapport à un véhicule d’usage courant, de la provenance ou de l’intérêt historique.
Pour les véhicules, l’administration retient notamment ceux qui réunissent trois conditions :
- au moins 30 ans d’âge ;
- modèle ou type dont la production a cessé ;
- état d’origine, sans modification substantielle du châssis, de la carrosserie, de la direction, du freinage, de la transmission, de la suspension ou du moteur.
Les réparations et restaurations compatibles avec la conservation historique restent admises. Les véhicules modernisés, profondément modifiés ou les répliques sont exclus de cette définition administrative. Un véhicule ayant participé à un événement historique ou possédant un palmarès sportif significatif peut aussi être concerné.
Le BOFiP ajoute qu’un véhicule disposant d’un certificat d’immatriculation portant la mention « véhicule de collection » constitue également un véhicule de collection pour cette taxe. À l’inverse, l’absence de cette mention ne suffit pas à exclure le régime si les critères fiscaux sont réunis.
Cette distinction est décisive : l’article 150 UA du Code général des impôts exclut normalement les voitures automobiles de l’imposition des plus-values sur biens meubles, sauf lorsqu’elles sont des objets d’art, de collection ou d’antiquité et que le vendeur opte pour le régime réel.
Option 1 : la taxe forfaitaire de 6,5 % sur le prix de vente
Le régime de plein droit est simple à calculer. Pour un objet de collection vendu plus de 5 000 euros, l’article 150 VK du CGI fixe la taxe à 6 % du prix de cession. La CRDS de 0,5 % porte le prélèvement total à 6,5 %.
Une voiture vendue 80 000 euros entraîne donc, sous ce régime, une charge de :
80 000 × 6,5 % = 5 200 euros.
Le prix d’achat, les factures de restauration et la durée de détention ne réduisent pas cette base. C’est pourquoi ce forfait peut être pénalisant pour une vente avec une marge faible, mais intéressant lorsqu’une forte plus-value a été réalisée et que la détention est encore courte.

Une vente publique ou par l’intermédiaire d’un professionnel ne supprime pas l’impôt : elle peut modifier la personne chargée de la déclaration. Photo : Bull-Doser, Wikimedia Commons, domaine public.
Qui paie et qui déclare ?
La taxe est supportée par le vendeur. Lorsqu’un intermédiaire fiscalement établi en France participe à la transaction, ou lorsque l’acquéreur est un assujetti à la TVA établi en France dans les conditions prévues, cet acteur peut être responsable du versement. Dans une vente directe entre particuliers sans intermédiaire, le vendeur accomplit lui-même la démarche.
La déclaration 2091-SD et le paiement doivent en principe être déposés dans le mois suivant la cession. Avant une vente aux enchères ou un dépôt-vente, demandez par écrit qui calcule, prélève et reverse la taxe : le prix marteau, les commissions et le montant net encaissé ne doivent pas être confondus.
Option 2 : l’impôt sur la plus-value réelle
L’article 150 VL permet au vendeur de renoncer à la taxe forfaitaire et d’opter pour le régime général des plus-values de biens meubles. Il faut pouvoir établir de manière probante :
- la date d’acquisition et le prix payé ;
- ou une détention d’au moins 22 ans.
Le calcul part de la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition. Sur justificatifs, l’article 150 VB permet notamment de majorer le prix d’acquisition des frais liés à l’acquisition et des frais acquittés pour la restauration et la remise en état du bien meuble. Il faut donc conserver les factures nominatives, les preuves de paiement et le lien clair entre chaque dépense et la voiture.
La plus-value brute est ensuite réduite de 5 % pour chaque année complète de détention au-delà de la deuxième. L’abattement atteint 100 % après 22 années complètes de détention.
Quel taux en 2026 ?
L’impôt sur le revenu applicable à la plus-value nette est de 19 %. Depuis le 1er janvier 2026, le taux de CSG sur les revenus du patrimoine visés par l’article L. 136-6 du Code de la sécurité sociale a été relevé, ce qui porte les prélèvements sociaux de droit commun à 18,6 % dans les situations concernées. Le taux cumulé de référence est donc 37,6 % en 2026 : 19 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Les pages plus anciennes indiquant 36,2 % additionnent encore 19 % et l’ancien taux social de 17,2 %. Comme le formulaire 2092 disponible en ligne et certaines notices n’ont pas tous été actualisés au même rythme, faites confirmer le montant à payer pour une cession 2026 par le service des impôts chargé du recouvrement.
Exemple comparatif : forfait ou plus-value réelle ?
Supposons une voiture vendue 80 000 euros, achetée 50 000 euros et détenue depuis 10 années complètes. Sans autre frais retenu :
- plus-value brute : 80 000 − 50 000 = 30 000 euros ;
- années ouvrant droit à abattement : 8 années au-delà de la deuxième ;
- abattement : 8 × 5 % = 40 % ;
- plus-value nette : 30 000 × 60 % = 18 000 euros ;
- imposition indicative à 37,6 % : 6 768 euros.
Dans cet exemple, la taxe forfaitaire de 5 200 euros est plus faible. Mais si le prix d’acquisition justifié était de 65 000 euros, la plus-value nette après le même abattement ne serait que de 9 000 euros et l’imposition indicative de 3 384 euros : le régime réel deviendrait plus favorable.
Il faut comparer les deux calculs avant de déposer la déclaration. L’option pour le régime réel repose sur un dossier probant, pas sur une estimation orale du prix d’achat.
Achat ancien, héritage ou donation : quelle valeur retenir ?
Pour une voiture achetée, la référence est le prix effectivement acquitté tel qu’il ressort de l’acte, de la facture et du paiement. Pour un véhicule reçu par héritage ou donation, l’article 150 VB retient la valeur utilisée pour calculer les droits de mutation. À défaut, la valeur vénale réelle au jour de l’entrée dans le patrimoine doit être établie par une déclaration détaillée et estimative.
La date d’entrée dans le patrimoine détermine aussi le point de départ de la durée de détention. Une estimation sérieuse lors d’une succession peut donc avoir un effet majeur sur une vente ultérieure. Retrouvez notre guide sur les frais d’une voiture de collection pendant une succession et faites intervenir un commissaire-priseur, un expert automobile ou un professionnel compétent lorsque la valeur est significative.
Une simple cote imprimée plusieurs années après la transmission ne remplace pas la valeur déclarée ni les justificatifs de l’époque. En cas d’indivision successorale, faites également préciser qui vend, dans quelles proportions et qui déclare.
Les factures de restauration réduisent-elles la plus-value ?
Elles peuvent majorer le prix d’acquisition sous le régime réel lorsqu’il s’agit de frais acquittés pour la restauration et la remise en état du bien meuble, à condition de disposer de justificatifs. Préparez :
- factures détaillées au nom du propriétaire ;
- preuves de paiement ;
- photographies avant, pendant et après travaux ;
- numéros de série ou références reliant les pièces au véhicule ;
- dossier d’expertise et historique de propriété.
Le temps de travail personnel, une facture sans preuve de règlement ou un lot de pièces non attribuable à la voiture est beaucoup plus difficile à défendre. Notre article sur le dossier historique d’une voiture de collection détaille les pièces à conserver.

Les factures, l’historique et la valeur d’acquisition peuvent changer le régime le plus avantageux. Photo : Bull-Doser, Wikimedia Commons, domaine public.
Formulaire 2091 ou 2092 : la démarche pas à pas
Si vous retenez la taxe forfaitaire
- confirmer que le véhicule relève bien de la catégorie fiscale des objets de collection ;
- vérifier que le prix de cession dépasse 5 000 euros ;
- identifier la personne responsable du dépôt en présence d’un intermédiaire ;
- remplir le formulaire 2091-SD ;
- déposer la déclaration et payer dans le mois de la vente.
Si vous optez pour la plus-value réelle
- réunir la preuve de la date et du prix d’acquisition, ou de la détention depuis au moins 22 ans ;
- calculer le prix de cession, le prix d’acquisition majoré des frais justifiés et la plus-value brute ;
- appliquer 5 % d’abattement par année complète au-delà de la deuxième ;
- remplir le formulaire 2092-SD ;
- déposer la déclaration dans le mois et acquitter l’imposition éventuelle.
Même lorsque l’abattement conduit à une exonération totale après 22 ans, le BOFiP indique que la déclaration 2092 doit être déposée. Ne concluez donc pas « zéro impôt, zéro formalité ».
Les documents à réunir avant de mettre l’auto en vente
- carte grise et, le cas échéant, mention véhicule de collection ;
- facture d’achat, contrat de vente ou bordereau d’adjudication ;
- relevé bancaire ou autre preuve de paiement ;
- déclaration de succession ou acte de donation si le véhicule a été transmis ;
- factures de restauration, de remise en état et frais d’acquisition ;
- expertise datée et dossier photographique ;
- preuve de la durée de détention ;
- projet de mandat si un intermédiaire intervient ;
- simulation des deux régimes et confirmation écrite de la personne qui déposera la déclaration.
Avant de fixer le prix, vous pouvez demander une estimation gratuite de votre voiture. Une valeur de marché documentée aide à négocier et à préparer le dossier, mais elle ne remplace ni le prix d’acquisition fiscal ni la déclaration.
Les erreurs qui coûtent cher
- croire que toute voiture de plus de 30 ans est automatiquement taxable comme objet de collection ;
- calculer 6,5 % sur la seule plus-value au lieu du prix total de vente ;
- choisir le régime réel sans preuve suffisante du prix et de la date d’acquisition ;
- oublier les factures de restauration qui peuvent augmenter le prix d’acquisition ;
- retenir encore automatiquement 36,2 % pour une cession réalisée en 2026 ;
- attendre la déclaration annuelle de revenus alors que le dépôt intervient dans le mois de la cession ;
- penser qu’une maison de ventes ou un dépôt-vente s’occupe nécessairement de tout sans le vérifier ;
- confondre une vente patrimoniale occasionnelle avec une activité habituelle d’achat-revente.
Si vous préparez une cession, consultez également la procédure pour vendre votre voiture avec Plethore Cars et faites relire les clauses fiscales du mandat lorsque le prix est élevé.
Questions fréquentes
Une voiture de collection vendue moins de 5 000 euros est-elle taxée ?
La cession d’un objet de collection pour un prix inférieur ou égal à 5 000 euros bénéficie en principe de l’exonération prévue. Conservez néanmoins l’acte de vente et les éléments prouvant le prix.
La taxe de 6,5 % porte-t-elle sur la plus-value ?
Non. Elle correspond à 6 % de taxe plus 0,5 % de CRDS calculés sur le prix de cession. Le prix d’achat n’est pas déduit.
Peut-on choisir le régime réel sans facture d’achat ?
L’option suppose de justifier la date et le prix d’acquisition, sauf si vous pouvez établir une détention d’au moins 22 ans. Sans preuve probante, la taxe forfaitaire reste normalement le régime applicable.
Que se passe-t-il après 22 ans de détention ?
L’abattement de 5 % par année au-delà de la deuxième aboutit à une exonération complète. Il faut toutefois exercer l’option et déposer le formulaire 2092-SD avec la preuve de la durée de détention.
Quelle valeur utiliser pour une voiture héritée ?
La valeur retenue pour les droits de succession sert de prix d’acquisition. À défaut, il faut établir la valeur vénale réelle au moment de l’entrée dans le patrimoine.
Une carte grise normale évite-t-elle la fiscalité collection ?
Pas nécessairement. La qualification fiscale dépend des caractéristiques réelles du véhicule. La carte grise de collection suffit à l’identifier comme véhicule de collection pour ce régime, mais l’absence de mention n’exclut pas automatiquement la qualification.
Quel formulaire faut-il déposer ?
Le formulaire 2091-SD sert à la taxe forfaitaire ; le 2092-SD formalise l’option pour le régime général des plus-values. Le dépôt intervient en principe dans le mois de la vente.
Sources officielles
- BOFiP — champ de la taxe forfaitaire et définition des véhicules de collection : qualification, personnes imposables et distinction avec une automobile ordinaire.
- Ministère de l’Économie — fiscalité de la vente d’objets précieux : seuil de 5 000 euros, taux de 6 % et CRDS de 0,5 %, délai et formulaires.
- Code général des impôts, article 150 VK : taux, redevable et exigibilité de la taxe forfaitaire.
- Code général des impôts, article 150 VL : conditions de l’option pour le régime réel.
- Code général des impôts, article 150 VB : prix d’acquisition et frais de restauration.
- Code général des impôts, article 150 VC : abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième.
- BOFiP — option pour le régime de droit commun : justificatifs, formulaire 2092 et délai d’un mois.
- Impots.gouv.fr — formulaire 2092-SD : déclaration officielle d’option.
- Code de la sécurité sociale, article L. 136-8 : taux de CSG applicable aux revenus du patrimoine en 2026.
