Combien coûte une Lamborghini Miura en 2026 ? Les ventes publiques récentes placent les beaux exemplaires dans un marché à plusieurs millions, mais il n’existe pas de prix unique. Une P400 S a atteint 2,59 millions de dollars chez Gooding Christie’s en mars 2026. Une SV très originale a établi le même mois un record à 6,605 millions de dollars chez Broad Arrow. À Paris, une autre SV certifiée par Lamborghini Polo Storico s’est vendue 3,7175 millions d’euros chez RM Sotheby’s.
Ces montants ne constituent pas une cote automatique. Une Miura se valorise voiture par voiture : version exacte, conformité à la sortie d’usine, numéros concordants, qualité d’une éventuelle restauration, état de la structure, historique et couleur d’origine peuvent déplacer le prix de façon spectaculaire. Pour un acheteur, l’enjeu n’est donc pas seulement de choisir entre P400, S et SV, mais d’identifier précisément l’exemplaire et de faire chiffrer ses besoins avant de s’engager.
Données vérifiées le 12 septembre 2026. Les prix d’enchères sont indiqués dans leur devise de vente, frais inclus lorsqu’ils sont annoncés ainsi par la maison. Ils ne préjugent pas du résultat futur d’une autre voiture.
Quel est le prix d’une Lamborghini Miura en 2026 ?
Le meilleur repère n’est pas une moyenne mondiale mélangeant les versions, mais une sélection de transactions comparables. Voici quatre résultats publics récents et documentés :
| Date | Version | Maison | Prix public | Ce que le résultat illustre |
|---|---|---|---|---|
| Janvier 2026 | Miura SV, châssis 4840 | RM Sotheby’s Paris | 3 717 500 € | Certification Polo Storico, moteur d’origine, restauration documentée et retour à la configuration d’usine |
| Mars 2026 | Miura P400 S 1969 | Gooding Christie’s Amelia Island | 2 590 000 $ | Record annoncé pour la variante P400 S |
| Mars 2026 | Miura P400 SV 1972 | Broad Arrow Amelia Island | 6 605 000 $ | Record mondial annoncé pour une Miura ; voiture très originale, conservée 52 ans par le même propriétaire |
| Mai 2026 | Miura P400 SV 1972 | Mecum Indianapolis | 4 675 000 $ | SV à faible kilométrage affiché, configuration particulière et dossier détaillé |
La dispersion n’est pas une anomalie : elle reflète la rareté des transactions et l’hétérogénéité des voitures. Le record Broad Arrow concernait un exemplaire décrit comme une « capsule temporelle », avec un long propriétaire unique et une forte préservation. Il ne transforme pas toutes les SV en voitures à plus de six millions de dollars. De la même manière, une estimation basse affichée avant une vente n’est pas une valeur garantie.
Pour suivre les offres réellement disponibles, consultez les voitures de collection à vendre sur Plethore Cars. Si vous possédez déjà une Miura ou une autre automobile rare, une demande d’estimation gratuite permet de replacer son état et son historique dans le marché actuel.
P400, P400 S ou P400 SV : quelle Miura choisir ?
Lamborghini présente aujourd’hui trois séries principales. Ses chiffres officiels recensent 265 P400, 338 P400 S et 150 P400 SV, soit 753 voitures de série en additionnant ces trois variantes. D’autres totaux circulent dans les ouvrages et sur le marché parce que certains décomptes intègrent différemment prototypes, voitures spéciales ou conversions. Pour comparer un exemplaire, partez de son numéro de châssis et de son dossier d’usine, pas d’un total générique trouvé dans une annonce.
Miura P400 : la forme originelle
Présentée à Genève en 1966, la P400 installe transversalement derrière l’habitacle un V12 de 3,9 litres associé à une boîte manuelle à cinq rapports. Lamborghini annonce 350 ch. C’est la version la plus proche du choc esthétique initial, avec notamment les célèbres « cils » autour des phares.
Son attrait tient à sa pureté et à son importance historique. Mais une P400 ancienne ne doit pas être considérée comme une SV à prix réduit : sa mise au point, son freinage et ses détails diffèrent, et de nombreuses voitures ont reçu au fil du temps des modifications inspirées des versions suivantes.
Miura P400 S : davantage de puissance et de confort
La P400 S arrive à la fin des années 1960. Lamborghini indique 370 ch et souligne l’amélioration de l’équipement et du confort. Elle conserve l’apparence générale de la première Miura tout en proposant une évolution plus aboutie.
La S peut représenter un compromis séduisant pour un collectionneur qui recherche les détails stylistiques des premières voitures sans viser le sommet tarifaire de la SV. Son authenticité doit toutefois être vérifiée avec soin : une P400 modernisée n’est pas automatiquement une véritable S.
Miura P400 SV : l’évolution la plus recherchée
Dévoilée en 1971, la SV développe officiellement 385 ch. Elle se reconnaît notamment à ses ailes arrière élargies, à ses pneus plus larges et à la disparition des « cils » de phares. Lamborghini mentionne aussi un châssis renforcé, une suspension revue et, sur les voitures concernées, une lubrification séparée entre moteur et boîte.
Toutes les SV ne possèdent cependant pas exactement la même architecture. La séparation des lubrifiants intervient tard dans la production. Il faut donc confirmer la configuration réelle du châssis examiné, sans conclure à partir du seul millésime figurant sur la carte grise.

L’habitacle fait partie des zones où les pièces, les couleurs et les matériaux d’origine comptent fortement. Photo : Craig Howell, Wikimedia Commons.jpg), licence CC BY 2.0. Image redimensionnée.
Pourquoi deux Miura de même version peuvent-elles valoir si différemment ?
L’identité et les numéros concordants
Commencez par confronter le numéro de châssis, le moteur, la boîte, les éléments de carrosserie et les spécifications connues de livraison. Une appellation « SV » dans une annonce ou sur un document ancien ne suffit pas : des P400 et S ont été transformées pour ressembler à la version ultime.
Lamborghini Polo Storico conserve les archives historiques de la marque et propose une certification d’authenticité. Le constructeur explique que l’examen compare notamment les numéros, la carrosserie et les finitions aux données d’archives. À ce niveau de valeur, la certification ou, à défaut, un dossier expert d’un niveau équivalent doit être intégrée à la vérification préalable.
L’originalité ou la qualité de la restauration
Une voiture exceptionnellement préservée peut susciter une prime, comme l’a montré la SV Broad Arrow de 2026. Une restauration complète peut également être très valorisante si elle respecte la configuration d’usine et si chaque étape est documentée. En revanche, une peinture brillante ne compense ni une structure mal réparée ni une combinaison de couleurs sans rapport avec la livraison d’origine.
Demandez les factures, les photographies avant et pendant travaux, les références des ateliers, les mesures de géométrie et la liste des pièces remplacées. Le résultat RM Sotheby’s de Paris illustre la valeur accordée à un ensemble cohérent : moteur d’origine, certification Polo Storico, couleurs conformes et restauration identifiée.
La provenance et la traçabilité
Les propriétaires successifs, les concours, une histoire culturelle vérifiable ou une longue conservation peuvent renforcer le dossier. La provenance doit rester documentée : copies de titres, correspondances, factures, carnets, archives photographiques et publications d’époque valent mieux qu’un récit oral impossible à recouper.
Pour comprendre l’importance des numéros et des pièces d’origine, consultez notre guide consacré aux matching numbers d’une voiture de collection.
Les 10 contrôles indispensables avant d’acheter une Miura
Une inspection par un spécialiste connaissant réellement la Miura est indispensable. Elle doit être indépendante du vendeur et dépasser largement un simple essai routier.
- Vérifier l’identité complète. Relevez châssis, moteur, boîte et numéros de carrosserie. Comparez-les au dossier d’archives et à la configuration annoncée.
- Confirmer la version. Établissez s’il s’agit d’une P400, d’une S ou d’une SV d’origine, et documentez toutes les évolutions ultérieures.
- Examiner la structure acier. La carrosserie en aluminium repose sur une structure sensible à la corrosion. Les planchers, le logement de batterie, le cadre moteur et les points d’ancrage des suspensions méritent un contrôle approfondi.
- Rechercher les traces d’accident. Mesurez la géométrie, inspectez les soudures, les alignements et la fermeture des grands capots avant et arrière. Une réparation ancienne mal exécutée peut affecter structure et valeur.
- Identifier le système de lubrification. Sur les P400, les S et les premières SV, moteur et boîte partagent leur huile. Les SV tardives peuvent disposer de circuits séparés. Demandez analyses d’huile, factures et historique d’entretien.
- Contrôler le V12 à froid. Refusez une voiture déjà chaude à votre arrivée. Pression d’huile, fumées, bruits, températures, compressions et étanchéité doivent être évalués par un spécialiste.
- Inspecter carburateurs et circuit d’essence. Les quatre carburateurs Weber doivent être réglés et synchronisés. Les durites vieillissantes ou les fuites à proximité d’éléments chauds constituent un risque sérieux.
- Tester boîte, embrayage, freins et suspension. Vérifiez les synchros une fois l’huile chaude, le comportement de l’embrayage, l’absence de grippage des freins et le jeu des trains roulants.
- Auditer l’habitacle et les accessoires. Sellerie, commodos, compteurs, vitrage, roues, outils et garnitures spécifiques sont coûteux à retrouver. Contrôlez leur conformité avant de les considérer comme « facilement remplaçables ».
- Chiffrer l’après-achat. Faites établir un plan de travaux avec priorités, délais et disponibilité des pièces. Ajoutez transport fermé, assurance, taxes éventuelles, stockage et remise en route au budget d’acquisition.

Le V12 et la boîte forment un ensemble compact monté transversalement. Photo : Russ Davis, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
La lubrification commune moteur-boîte est-elle rédhibitoire ?
Non, mais elle change la diligence à appliquer. Lamborghini précise que les versions antérieures utilisent une lubrification commune et que la SV a introduit une évolution vers des circuits séparés. Des guides de spécialistes rappellent qu’avec un carter commun, des débris provenant de la boîte peuvent circuler avec l’huile moteur.
Cela ne signifie pas qu’une bonne P400 ou S doive être écartée. Il faut juger l’entretien, la fréquence des vidanges, les analyses d’huile, le fonctionnement de la boîte et la qualité des travaux réalisés. Une transformation technique non documentée peut, de son côté, nuire à l’authenticité. Le bon choix dépend de l’usage prévu et de la valeur historique de l’exemplaire.
Comment sécuriser la transaction ?
Avant tout acompte important, faites inscrire dans l’offre les éléments sur lesquels repose le prix : version, numéros annoncés concordants, certification, kilométrage affiché, couleur de livraison, accessoires, absence ou présence de sinistres connus et liste des documents.
Conditionnez l’achat à une inspection indépendante satisfaisante et à la vérification du titre de propriété. Pour une transaction internationale, déterminez avant signature qui supporte le transport, l’assurance, les droits, la TVA éventuelle et les démarches d’immatriculation. Les règles varient selon l’origine, la destination, le statut fiscal et l’âge du véhicule.
Enfin, ne déduisez jamais la valeur nette vendeur du prix publié par une maison de ventes : commissions, taxes et conditions de vente diffèrent. Comparez des montants établis selon une base homogène et conservez la documentation de chaque référence.
La Miura peut-elle encore prendre de la valeur ?
La Miura réunit plusieurs qualités structurelles pour le marché de collection : dessin de Marcello Gandini pour Bertone, architecture V12 centrale transversale, faible production et importance historique. Le soixantième anniversaire célébré par Lamborghini en 2026 renforce aussi sa visibilité.
Mais aucun historique de records ne garantit une hausse continue. Le marché est peu liquide, les coûts de conservation sont élevés et une mauvaise restauration peut détruire une partie substantielle de la valeur. Achetez d’abord la meilleure voiture compatible avec votre budget total, dossier compris, plutôt qu’une version prestigieuse dont les besoins sont sous-estimés.
Pour situer la Miura parmi les modèles qui ont défini le genre, voyez également notre sélection des 10 supercars les plus marquantes de l’histoire.
Questions fréquentes
Combien coûte une Lamborghini Miura P400 en 2026 ?
Il n’existe pas de cote universelle fiable pour toutes les P400. Les résultats doivent être comparés selon l’état, l’authenticité, la restauration et l’historique. Les transactions publiques de Miura en 2026 montrent un marché à plusieurs millions, avec une forte prime pour les meilleures S et surtout les SV.
Quelle est la Lamborghini Miura la plus chère vendue aux enchères ?
Au 12 septembre 2026, Broad Arrow annonce un record mondial de 6,605 millions de dollars pour une P400 SV de 1972 vendue à Amelia Island le 7 mars 2026.
Combien de Lamborghini Miura ont été produites ?
La page historique actuelle de Lamborghini détaille 265 P400, 338 P400 S et 150 P400 SV, soit 753 voitures de série pour ces trois variantes. Les totaux publiés ailleurs peuvent différer selon le traitement des prototypes, voitures spéciales et conversions.
Comment reconnaître une vraie Miura SV ?
Les ailes arrière élargies et l’absence de « cils » sont des indices, pas une preuve. Il faut vérifier le numéro de châssis, le moteur, la carrosserie, les spécifications d’usine et les archives, idéalement avec Lamborghini Polo Storico ou un expert reconnu du modèle.
Toutes les Miura SV ont-elles un carter séparé ?
Non. L’évolution vers une lubrification séparée du moteur et de la boîte concerne les SV tardives. La configuration doit être établie pour chaque châssis.
Une Miura restaurée vaut-elle moins qu’une voiture d’origine ?
Pas nécessairement. Une voiture remarquablement préservée peut recevoir une prime, mais une restauration conforme, documentée et réalisée par des spécialistes peut aussi atteindre une valeur élevée. Une restauration approximative ou non conforme est pénalisante.
Faut-il demander une certification Polo Storico ?
À ce niveau de prix, c’est un élément majeur de sécurisation. La certification compare la voiture aux archives du constructeur. Elle ne remplace toutefois ni l’inspection mécanique ni l’analyse juridique de la transaction.
Sources principales
- Lamborghini — histoire et versions de la Miura : production officielle, puissances et différences entre P400, S et SV.
- Lamborghini — The first Supercar in history : présentation, caractéristiques et rôle du Polo Storico.
- Lamborghini Polo Storico — certification d’authenticité : méthode de vérification par les archives du constructeur.
- Broad Arrow — résultats Amelia 2026 : vente record de la Miura P400 SV à 6,605 millions de dollars.
- Gooding Christie’s — résultats Amelia Island 2026 : vente de la P400 S à 2,59 millions de dollars.
- RM Sotheby’s — Miura SV, Paris 2026 : prix, certification, numéros et historique du châssis 4840.
- Mecum — Miura P400 SV, Indianapolis 2026 : résultat et caractéristiques du châssis 5066.
- Sports Car Market — Buyer’s Guide to the Lamborghini Miura : risques liés au carburant, à la structure et aux réparations anciennes.
Crédits images
Les trois photographies utilisées proviennent de Wikimedia Commons. Image mise en avant : MrWalkr, licence CC BY-SA 4.0. Images dans l’article : Craig Howell, licence CC BY 2.0, et Russ Davis, licence CC BY-SA 3.0. L’image mise en avant a été recadrée pour exclure les visages et sa plaque a été floutée ; les images ont été redimensionnées ou recompressées. Les licences et pages sources sont indiquées dans les métadonnées et légendes.
Dernière vérification : 12 septembre 2026. Révision recommandée tous les six mois ou après toute vente publique majeure d’une Miura.
