Combien de Lamborghini Miura ont été produites : 763, 764 ou 765 ?

Lamborghini Miura P400 orange de 1967 vue de trois quarts avant

Combien de Lamborghini Miura ont été produites ? Le chiffre à retenir est 763 exemplaires. C’est le total communiqué en 2026 par Lamborghini, qui précise que ces voitures ont été construites à Sant’Agata Bolognese entre 1966 et 1973 « selon les registres officiels ». Pourtant, le nombre de 764 apparaît dans une publication de la FIA, tandis que 765 reste fréquent dans les livres, les annonces et les anciens tableaux de production.

Il ne s’agit pas simplement de trois auteurs qui auraient mal fait une addition. La Miura se trouve à la frontière entre production artisanale et production en série : certaines voitures ont changé de numéro, de configuration ou de classification, tandis que prototypes, transformations Jota et exemplaires spéciaux ne sont pas toujours traités de la même manière. Pour un collectionneur, le total mondial est donc moins important que l’identité documentée du châssis étudié.

Le chiffre officiel le plus récent est 763 Lamborghini Miura

Dans un article publié à l’occasion des 60 ans du modèle, Lamborghini indique sans ambiguïté que 763 Miura ont été construites entre 1966 et 1973. Cette publication datée de 2026 est aujourd’hui la réponse officielle la plus récente à la question.

Source et méthode Total annoncé Comment l’interpréter
Lamborghini, communication officielle 2026 763 Total à retenir pour une réponse générale
Archives historiques Lamborghini citées en 2005 763 275 P400, 338 P400 S et 150 P400 SV
FIA, entretien avec le responsable du centre historique 764 La FIA ajoute que le nombre exact reste incertain
Décomptes anciens souvent repris 765 Résultat dépendant de la classification des séries et des voitures transformées
Page historique Lamborghini actuellement en ligne 753 Addition de 265 P400, 338 S et 150 SV, en contradiction avec le total officiel 2026

Le chiffre 763 est également cohérent avec un communiqué d’archives Lamborghini de 2005 reproduit par le site spécialisé Lamborghini Miura Options. Celui-ci répartit la production entre 275 P400, 338 P400 S et 150 P400 SV. L’addition donne bien 763 voitures.

Ce total doit néanmoins être présenté avec sa méthode : il s’agit d’un relevé de feuilles de production pour les Lamborghini de série. Les prototypes et exemplaires uniques en sont exclus. Il ne signifie pas nécessairement que 763 châssis tous différents, jamais reconstruits ni renumérotés, peuvent être suivis aujourd’hui sans discussion.

Pourquoi trouve-t-on aussi 764 Lamborghini Miura ?

Le nombre de 764 n’est pas une invention d’un site anonyme. La Fédération Internationale de l’Automobile l’a publié dans un article consacré à la Miura. Surtout, le texte cite Enrico Maffeo, alors responsable du centre historique Lamborghini, selon lequel le nombre exact demeure difficile à établir.

Cette réserve est essentielle. Dans une petite production des années 1960 et 1970, un numéro inscrit dans un registre ne correspond pas toujours de façon simple à une automobile physique restée inchangée. Plusieurs événements peuvent brouiller un recensement :

  • une voiture accidentée reconstruite par l’usine ;
  • un châssis ou un numéro réaffecté ;
  • une P400 mise à niveau selon une spécification plus récente ;
  • une voiture de transition présentant des caractéristiques de deux séries ;
  • une Miura de série transformée ultérieurement en SVJ ou dans une autre configuration spéciale ;
  • un prototype inclus dans un ouvrage mais exclu des archives de production de série.

Selon le point de départ choisi — facture, feuille de production, numéro de châssis, voiture terminée ou identité actuelle — deux historiens peuvent donc aboutir à des résultats voisins sans compter exactement la même chose.

D’où vient le total de 765 exemplaires ?

Le total de 765 repose généralement sur une répartition ancienne très souvent recopiée : 475 P400, 140 P400 S et 150 SV. L’addition donne 765. Son apparente précision est trompeuse, car elle ne correspond pas au découpage retenu par les archives Lamborghini citées en 2005.

Le principal point de friction concerne la frontière entre P400 et P400 S. Lamborghini rappelle elle-même que les premières S ont conservé plusieurs éléments de la P400. Le changement de version n’a donc pas produit une rupture industrielle nette comparable à celle d’un modèle moderne assemblé selon une nomenclature informatisée.

Une voiture peut être classée selon sa date de production, sa facture, sa configuration à la sortie de l’usine ou son état connu plus tard. Si une source regroupe certaines S avec les P400, tandis qu’une autre les attribue à la série S, les sous-totaux changent. Et si une automobile reconstruite ou renumérotée est comptée deux fois, le total des lignes ne représente plus le nombre de voitures uniques.

Le site spécialisé Lamborghini Miura Options a confronté différentes listes et affirme ainsi que le nombre de voitures uniques pourrait être inférieur au total des feuilles de production. Cette conclusion n’est pas une donnée officielle Lamborghini ; elle montre simplement pourquoi une addition publiée dans un livre ne suffit pas à résoudre chaque dossier de châssis.

V12 transversal d’une Lamborghini Miura installé derrière l’habitacle

Le V12 transversal de la Miura. Photo : Luc106, Wikimedia Commons, domaine public.

P400, P400 S et P400 SV : les trois grandes séries

Miura P400 : le modèle originel

Présentée au Salon de Genève en 1966, la P400 impose une architecture spectaculaire : un V12 de 3,9 litres monté transversalement en position centrale arrière, associé à une boîte manuelle à cinq rapports. Lamborghini annonce 350 ch pour cette première version.

Son identification ne doit pas reposer uniquement sur des détails visibles. Les premières voitures ont évolué en cours de production et beaucoup ont été modifiées pendant leur vie. Selon le relevé d’archives de 2005, 275 P400 sont recensées. La page historique Lamborghini accessible aujourd’hui en annonce toutefois 265 : cette différence de dix voitures explique à elle seule une partie de la confusion actuelle.

Miura P400 S : une transition moins nette qu’il n’y paraît

La P400 S apparaît en 1968 avec une puissance annoncée de 370 ch, un équipement enrichi et plusieurs évolutions de finition. Les tout premiers exemplaires mélangent cependant des éléments de P400 et de S, fait reconnu dans la communication officielle Lamborghini de 2026.

Les archives citées attribuent 338 voitures à cette série. Ce chiffre très supérieur aux 140 unités présentes dans certains anciens décomptes indique que les sources n’utilisent pas la même règle de classement. Pour authentifier une S, il faut donc croiser numéro de châssis, date de production, fiche usine et configuration d’origine plutôt que se fier à une appellation commerciale tardive.

Miura P400 SV : 150 exemplaires, le chiffre le plus stable

Dévoilée en 1971, la SV constitue l’évolution la plus aboutie : puissance portée à 385 ch selon Lamborghini, voies arrière élargies, pneus plus généreux, châssis et suspensions revus, disparition des fameux « cils » autour des phares. Le total de 150 SV est celui qui varie le moins entre les principales sources.

Même ici, toutes les voitures ne sont pas techniquement identiques. La lubrification séparée du moteur et de la boîte apparaît tard dans la production. Certaines SV ont aussi été transformées en SVJ, à l’usine ou ultérieurement. Le nombre 150 décrit donc une série d’origine, pas 150 automobiles nécessairement conservées aujourd’hui dans une configuration uniforme.

Habitacle d’une Lamborghini Miura P400 S avec volant trois branches et grille de boîte manuelle

L’habitacle d’une Miura P400 S. Photo : Mr.choppers, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0. Image redimensionnée.

Faut-il compter la Jota, les SVJ et le Roadster ?

Pas automatiquement. La Jota originelle était un prototype de développement construit à partir d’une Miura par Bob Wallace. Elle a été détruite, et les SVJ qui s’en inspirent sont pour l’essentiel des Miura SV transformées : les ajouter au total des SV reviendrait donc à compter deux fois certaines identités.

Lamborghini indique par ailleurs quatre SVJ dérivées du projet Jota et un exemplaire découvrable réalisé par Bertone. Selon la question posée, ces voitures peuvent apparaître dans une liste de « Miura spéciales », mais elles ne constituent pas nécessairement cinq châssis de série supplémentaires à ajouter aux 763.

La bonne méthode consiste à distinguer trois notions :

  1. le nombre de feuilles de production de voitures de série ;
  2. le nombre de châssis physiques uniques ;
  3. le nombre de configurations ou versions ayant existé au fil du temps.

Confondre ces trois colonnes produit précisément les totaux concurrents que l’on retrouve encore aujourd’hui.

Une autre incohérence existe sur le site officiel Lamborghini

La page historique actuelle de Lamborghini donne 265 P400, 338 P400 S et 150 P400 SV. Ces valeurs totalisent 753 voitures, soit dix de moins que les 763 annoncées par la marque dans sa publication de 2026.

Il serait imprudent d’inventer une explication définitive à cet écart. La page historique peut employer un périmètre différent, contenir une coquille ou reprendre un état antérieur du registre. En l’absence d’une table officielle détaillant chaque numéro de châssis et chaque exclusion, la réponse la plus rigoureuse est donc la suivante :

763 est le chiffre officiel général le plus récent ; le détail exact de certains châssis et la répartition des premières séries restent discutés.

Cette formulation est plus honnête qu’un total présenté comme mathématiquement incontestable.

Comment authentifier une Lamborghini Miura particulière ?

Pour acheter, vendre ou expertiser une Miura, savoir qu’environ 763 exemplaires ont été construits ne suffit pas. La valeur dépend de l’identité propre de la voiture. Il faut notamment contrôler :

  • le numéro de châssis frappé et la plaque constructeur ;
  • le numéro du moteur et sa concordance avec les archives ;
  • le numéro de carrosserie Bertone lorsqu’il est accessible ;
  • la fiche de production, la teinte et la sellerie d’origine ;
  • les factures anciennes, photos de restauration et changements de propriétaire ;
  • les éventuelles transformations P400 vers S, SV ou SVJ ;
  • la cohérence entre l’état physique, les documents et le certificat d’immatriculation.

Lamborghini Polo Storico propose un travail d’archives et de certification pour les modèles historiques de la marque. Un expert indépendant connaissant les Miura doit également examiner la voiture : une certification documentaire ne remplace pas l’inspection de la structure, des réparations anciennes et des organes mécaniques.

Notre dossier sur les matching numbers d’une voiture de collection explique pourquoi un numéro concordant ne suffit jamais, à lui seul, à prouver l’authenticité globale d’un véhicule.

Ce que le chiffre de production change pour un collectionneur

La rareté de la Miura est réelle, mais le total mondial ne détermine pas mécaniquement le prix d’une voiture. Deux exemplaires de la même série peuvent présenter des valeurs très différentes selon leur authenticité, leur historique, leur état structurel, la qualité de leur restauration et la présence de leurs éléments d’origine.

La bonne unité de comparaison n’est donc pas « une Miura parmi 763 », mais une Miura de même version, de période comparable et dotée d’un dossier similaire. Pour approfondir les variantes, les résultats de ventes et les contrôles essentiels, consultez notre guide d’achat Lamborghini Miura 2026.

Les meilleurs exemplaires peuvent aussi se négocier en dehors des annonces publiques. Les propriétaires et acheteurs qualifiés peuvent demander l’accès à l’espace privé hypercars et véhicules rares de Plethore Cars.

Questions fréquentes

Combien de Lamborghini Miura ont été produites au total ?

Lamborghini annonce officiellement 763 exemplaires, construits à Sant’Agata Bolognese entre 1966 et 1973. C’est le chiffre général le plus récent publié par la marque en 2026.

Pourquoi certaines sources annoncent-elles 764 Miura ?

La FIA a publié le nombre de 764 tout en citant le responsable du centre historique Lamborghini, selon lequel le total exact restait incertain. Les reconstructions, renumérotations, voitures de transition et différences de périmètre expliquent ces écarts.

Pourquoi lit-on parfois que 765 Miura ont été construites ?

Le total de 765 provient généralement d’anciens décomptes répartissant la production en 475 P400, 140 P400 S et 150 SV. Les archives citées par Lamborghini en 2005 retiennent une classification différente : 275 P400, 338 S et 150 SV, soit 763.

Combien de Lamborghini Miura SV ont été produites ?

Le chiffre de 150 Miura P400 SV est retenu par Lamborghini et demeure le sous-total le plus stable. Certaines de ces voitures ont ensuite reçu une transformation de type SVJ ; il ne faut pas les ajouter automatiquement aux 150.

Les prototypes et les Miura spéciales sont-ils compris dans les 763 ?

Le relevé d’archives de 2005 indique que les prototypes et exemplaires uniques sont exclus du décompte des voitures de série. En revanche, une voiture de série transformée ultérieurement reste liée à son identité de production initiale.

Combien de Lamborghini Miura existent encore ?

Aucun total public parfaitement vérifiable ne permet d’affirmer combien de Miura authentiques subsistent aujourd’hui. Les registres de clubs, archives d’usine et recensements privés n’emploient pas toujours les mêmes critères, et certaines voitures ont été détruites, reconstruites ou demeurent invisibles sur le marché.

Sources

Article vérifié le 7 octobre 2026. Les chiffres historiques peuvent être révisés si Lamborghini publie un registre détaillé ou de nouvelles archives.