Quand le design rencontre la liberté. Dix cabriolets d’exception qui ont traversé les décennies sans prendre une ride — et qui continuent de faire battre le cœur des collectionneurs.
Introduction
Il y a quelque chose d’irréductiblement romantique dans un cabriolet de collection. Ce n’est pas seulement une automobile dont on a ôté le toit : c’est une promesse. Celle du vent dans les cheveux sur une route côtière, du soleil qui caresse un cuir patiné par le temps, du son d’un moteur qui résonne sans filtre entre les arbres. Les voitures de collection cabriolet incarnent un art de vivre où la mécanique se fait poésie, où chaque ligne de carrosserie raconte une époque et un savoir-faire.
Du V12 Ferrari rugissant sous le capot d’une California Spyder au six-cylindres Mercedes murmurant dans une 300 SL Roadster, ces machines à ciel ouvert ont façonné l’histoire automobile. Compagnes de stars de cinéma, héroïnes de rallyes mythiques, elles figurent parmi les objets de collection les plus convoités au monde.
Plethore vous invite à un voyage à travers dix cabriolets d’exception — dix chefs-d’œuvre dont la beauté et la rareté continuent de fasciner. Attachez votre ceinture, la capote est déjà baissée.
1. Ferrari 250 GT California Spyder — L’icône absolue (1958–1962)
Enzo Ferrari n’en voulait pas. Il aura fallu l’insistance de Luigi Chinetti et de Jon von Neumann, importateurs américains, pour convaincre le Commendatore de produire une déclinaison cabriolet de la berlinette 250 GT. Le résultat ? L’un des plus beaux cabriolets jamais créés.
Dessinée par Pinin Farina et carrossée par Scaglietti, la 250 GT California Spyder allie une ligne basse et galbée à des performances de compétition. Sous le long capot bat le célèbre V12 Colombo de 2 953 cm³, développant 260 ch en version châssis long (LWB) et 280 ch en version châssis court (SWB) selon Ferrari.com.
Produite à environ 106 exemplaires , cette voiture de collection cabriolet est l’une des plus chères au monde. L’exemplaire de la collection Baillon a été adjugé 16 288 000 € chez Artcurial en 2015.
Données techniques (version SWB) :
- Moteur : V12 Colombo, 2 953 cm³
- Puissance : 280 ch
- Alimentation : 3 carburateurs Weber double corps
- Transmission : propulsion, boîte manuelle 4 rapports
- Production : ~106 exemplaires
2. Mercedes-Benz 300 SL Roadster (W198) — La pionnière (1957–1963)
Après le coupé « Papillon » et ses portes en ailes de mouette, Mercedes dévoile en 1957 au Salon de Genève la version Roadster de la 300 SL. Le six-cylindres en ligne M198 de 2 996 cm³, incliné de 45° pour abaisser la ligne de capot, développe 215 ch en norme DIN grâce à l’injection directe Bosch — une première sur une voiture de série d’après Wikipedia.
À son époque, c’est la voiture de sport décapotable la plus rapide du monde, atteignant jusqu’à 250 km/h selon le rapport de pont. Environ 80 % de la production fut exportée aux États-Unis. Châssis tubulaire, capot en aluminium et injection directe héritée de la compétition : ce cabriolet de collection incarne l’excellence mécanique allemande.
Données techniques :
- Moteur : 6 cylindres en ligne M198, 2 996 cm³
- Puissance : 215 ch DIN / 243 ch SAE
- Couple : 274 Nm
- Vitesse maximale : jusqu’à 250 km/h
- Transmission : propulsion, boîte manuelle 4 rapports
3. Jaguar Type E Cabriolet (Série 1) — La plus belle du monde (1961–1968)
Enzo Ferrari lui-même l’aurait qualifiée de « plus belle voiture jamais dessinée ». Présentée au Salon de Genève en 1961, la Jaguar Type E révolutionne le genre avec son capot interminable, ses phares carénés et sa silhouette sculptée par l’aérodynamicien Malcolm Sayer.
En version cabriolet Série 1, elle embarque le moteur XK six-cylindres de 3,8 litres puis 4,2 litres, développant 265 ch à 5 000 tr/min. Elle atteint 240 km/h pour la moitié du prix d’une Ferrari — un argument légendaire. Première Jaguar à bénéficier de quatre roues indépendantes et de freins à disques aux quatre coins, la Type E conjugue innovation et beauté intemporelle.
Données techniques (Série 1 — 4.2L) :
- Moteur : 6 cylindres en ligne XK, 4 235 cm³
- Puissance : 265 ch à 5 000 tr/min
- Couple : 385 Nm à 4 000 tr/min
- Poids : ~1 317 kg
- Vitesse maximale : ~240 km/h
4. Porsche 356 Speedster — L’essence du plaisir (1954–1958)
La création du Speedster est l’œuvre de Max Hoffman, importateur Porsche aux États-Unis, qui souhaitait une version plus épurée et abordable de la 356. Le résultat est un roadster minimaliste : pare-brise abaissé, capote simplifiée, habitacle dépouillé. L’antithèse du luxe, mais l’essence même du plaisir de conduire.
Le flat-four de 1,6 litre développe 60 ch en version standard ou jusqu’à 110 ch en Carrera GT. Avec un poids ne dépassant guère les 800 kg, la 356 Speedster offre des sensations que bien des voitures modernes peinent à reproduire. James Dean en posséda une avant de se tourner vers la Porsche 550 (source : Wikipedia FR).
Données techniques (356 A 1600 Speedster) :
- Moteur : 4 cylindres à plat, 1 582 cm³
- Puissance : 60 ch (version standard) à 110 ch (Carrera GT)
- Transmission : propulsion, boîte manuelle 4 rapports
- Poids : ~800 kg
5. Austin-Healey 3000 MkIII — La « Big Healey » (1959–1967)
Surnommée « Big Healey » en référence à son six-cylindres de 2 912 cm³, l’Austin-Healey 3000 est une sportive britannique qui a brillé en compétition sous les mains de Pat Moss, Carroll Shelby et Timo Mäkinen.
La version MkIII (BJ8), lancée en 1963, constitue l’aboutissement de la lignée : moteur porté à 148 ch, tableau de bord en bois, freins servo-assistés en série. Produite à environ 17 700 exemplaires dont plus de 90 % exportés aux États-Unis, elle conjugue caractère sportif et raffinement.
Données techniques (MkIII BJ8) :
- Moteur : 6 cylindres en ligne, 2 912 cm³
- Puissance : 148 ch
- Poids : 1 180 kg
- Freins : disques à l’avant, tambours à l’arrière
- Production MkIII : ~17 700 exemplaires
6. BMW 507 — La rareté incarnée (1956–1959)
Avec seulement 252 exemplaires produits, la BMW 507 est l’un des cabriolets de collection les plus rares au monde. Dessinée par le comte Albrecht von Goertz, elle devait rivaliser avec la Mercedes 300 SL. Son V8 de 3,2 litres développe 150 ch, mais c’est surtout sa ligne d’une pureté rare qui lui vaut sa place au panthéon automobile. Elvis Presley en posséda deux exemplaires durant son service militaire en Allemagne.
La faible production résulte paradoxalement d’un coût de fabrication dépassant le prix de vente, menaçant BMW de faillite. Cette rareté en fait aujourd’hui un trésor inestimable.
Données techniques :
- Moteur : V8, 3 168 cm³
- Puissance : 150 ch
- Transmission : propulsion, boîte manuelle 4 rapports
- Production : 252 exemplaires
7. Alfa Romeo Spider (Duetto) — La dolce vita sur quatre roues (1966–1993)
Rendue célèbre par le film Le Lauréat avec Dustin Hoffman, l’Alfa Romeo Spider est une invitation permanente à la balade romantique. Sa ligne signée Pininfarina a traversé 27 années de production sans perdre son élégance. La série « 2000 » (1972–1982) offre le meilleur rapport prestations-prix selon Autocollec. Le moteur bialbero incarne le tempérament italien : vif, expressif, mélodieux.
Données techniques (Spider 2000 — Série 2) :
- Moteur : 4 cylindres en ligne, 1 962 cm³
- Puissance : environ 130 ch
- Transmission : propulsion, boîte manuelle 5 rapports
- Production totale Spider : plus de 100 000 exemplaires
8. Ford Mustang Cabriolet (1re génération) — Le rêve américain (1964–1966)
La première Mustang jamais fabriquée fut un cabriolet. Lancée le 17 avril 1964, elle devient en moins de deux ans la voiture la plus vendue de l’histoire américaine. Disponible avec des motorisations allant du 6-cylindres de 101 ch au V8 289ci High Performance de 271 ch, la Mustang cabriolet offrait à chacun l’accès au rêve muscle car.
Le V8 289ci de 200 ch demeure le plus répandu, avec un couple généreux de 409 Nm dès 2 400 tr/min d’après motorsdb.com. Les millésimes 1965 restent les plus recherchés, représentant la Mustang dans sa forme la plus pure.
Données techniques (Cabriolet V8 289ci — 1965) :
- Moteur : V8 Windsor, 4 736 cm³ (289ci)
- Puissance : 200 à 271 ch selon version
- Couple : 409 Nm à 2 400 tr/min (version 200 ch)
- Transmission : propulsion, boîte manuelle 3 ou 4 rapports / automatique 3 rapports
9. Fiat 124 Spider — L’élégance accessible (1966–1985)
Souvent comparée à la Ferrari 250 GT pour la pureté de ses lignes, la Fiat 124 Spider est le cabriolet de collection idéal pour conjuguer plaisir et accessibilité. À partir de 1966, son moteur de 1 438 cm³ à double arbre à cames délivre 90 ch et autorise 180 km/h.
Sa carrière de vingt ans constitue un record de longévité pour un cabriolet de sport. Encore abordable aujourd’hui — à moins de 10 000 euros pour les bons exemplaires — elle représente un point d’entrée idéal dans l’univers de la voiture de collection cabriolet.
Données techniques :
- Moteur : 4 cylindres en ligne, 1 438 cm³ (puis 1 608 et 1 756 cm³)
- Puissance : 90 ch
- Vitesse maximale : 180 km/h
- Période de production : 1966–1985
10. Mercedes-Benz 190 SL — L’élégance discrète (1955–1963)
Née dans l’ombre de la 300 SL, la Mercedes 190 SL est un cabriolet remarquable à part entière. Conçue comme une version plus accessible — à un prix bien inférieur aux 11 000 $ de sa grande sœur — elle partage une silhouette très similaire tout en reposant sur une base technique différente.
Son quatre-cylindres de 1 897 cm³ développe 105 ch. Produite à environ 25 881 exemplaires, la 190 SL connaît aujourd’hui une cote en forte hausse, les collectionneurs ayant redécouvert son charme discret et sa qualité de construction exemplaire.
Données techniques :
- Moteur : 4 cylindres en ligne, 1 897 cm³
- Puissance : 105 ch
- Transmission : propulsion, boîte manuelle 4 rapports
- Production : ~25 881 exemplaires
Tableau comparatif des 10 plus beaux cabriolets de collection
| Modèle | Années | Moteur | Puissance | Exemplaires | Cote estimée |
| Ferrari 250 GT California | 1958–1962 | V12 – 2 953 cm³ | 260–280 ch | ~106 | > 10 000 000 € |
| Mercedes 300 SL Roadster | 1957–1963 | 6 cyl. – 2 996 cm³ | 215 ch (DIN) | ~1 858 | > 1 000 000 € |
| Jaguar Type E Cab. S1 | 1961–1968 | 6 cyl. – 3 781/4 235 cm³ | 265 ch | ~15 000+ | 100 000–300 000 € |
| Porsche 356 Speedster | 1954–1958 | Flat-4 – 1 582 cm³ | 60–110 ch | ~4 800 | 200 000–500 000 € |
| Austin-Healey 3000 MkIII | 1959–1967 | 6 cyl. – 2 912 cm³ | 148 ch | ~17 700 | 50 000–100 000 € |
| BMW 507 | 1956–1959 | V8 – 3 168 cm³ | 150 ch | 252 | > 2 000 000 € |
| Alfa Romeo Spider | 1966–1993 | 4 cyl. – 1 290 à 1 962 cm³ | 80–130 ch | > 100 000 | 15 000–50 000 € |
| Ford Mustang Cab. (1re gén.) | 1964–1966 | V8 – 4 736 cm³ | 200–271 ch | > 100 000 | 30 000–80 000 € |
| Fiat 124 Spider | 1966–1985 | 4 cyl. – 1 438 cm³ | 90 ch | — | 8 000–25 000 € |
| Mercedes 190 SL | 1955–1963 | 4 cyl. – 1 897 cm³ | 105 ch | ~25 881 | 80 000–180 000 € |
Les cotes sont indicatives et varient selon l’état, l’historique et la provenance du véhicule.
Conclusion
Ces dix voitures de collection cabriolet ne sont pas de simples machines : ce sont des fragments d’histoire, des témoins d’un âge d’or où l’automobile se dessinait à la main et se conduisait avec le cœur. De la rareté vertigineuse de la Ferrari 250 GT California à l’accessibilité chaleureuse de la Fiat 124 Spider, chaque modèle porte en lui une émotion unique.
Investir dans un cabriolet de collection, c’est s’offrir un passeport pour des sensations que ni l’électronique ni les écrans ne sauront jamais reproduire.
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Et vous, quel cabriolet de collection fait battre votre cœur ? La grâce italienne d’une Spider, la puissance brute d’une Mustang ou l’élégance intemporelle d’une Mercedes ? Partagez votre favori dans les commentaires.
