Fiat X1/9 et Bertone X1/9 : histoire et production

Bertone X1/9 bicolore blanche et noire avec toit targa et phares relevés

La X1/9 est née chez Bertone, a d’abord été vendue sous la marque Fiat de 1972 à 1982, puis a poursuivi sa carrière sous le seul nom Bertone jusqu’en 1989. Les chiffres les plus souvent documentés font état d’environ 140 500 Fiat X1/9 et 19 500 Bertone X1/9, soit près de 160 000 exemplaires. Fiat Heritage retient pour sa part un total arrondi à environ 150 000 voitures : il est donc plus rigoureux de parler d’un ordre de grandeur que d’un nombre définitif au châssis près.

Avec son moteur central transversal, son toit targa amovible et sa ligne en coin signée Marcello Gandini, cette petite sportive a rendu une architecture jusque-là exotique accessible à un public beaucoup plus large. L’exemplaire illustré ici appartient au même propriétaire depuis plusieurs années et fait l’objet de soins réguliers, selon les informations fournies avec la photographie. Il porte toutefois des jantes non conformes à sa monte d’origine : un détail important pour comprendre, documenter et éventuellement remettre une X1/9 dans sa configuration de sortie d’usine.

De l’Autobianchi Runabout à la Fiat X1/9

L’histoire commence en 1969 avec l’Autobianchi A112 Runabout, un concept dessiné par Marcello Gandini pour Bertone. Sa silhouette très basse, son dessin géométrique et son moteur placé derrière les occupants annoncent directement la future X1/9. Fiat adopte l’idée et présente le modèle de série à la fin de 1972.

Le nom ne suit pas la nomenclature commerciale habituelle de Fiat : « X1/9 » est le code interne du projet. Sous la carrosserie spectaculaire se trouve une mécanique issue de modèles de grande série. Le quatre-cylindres de 1 290 cm³ dérive de la Fiat 128, mais il est installé transversalement en position centrale arrière et entraîne les roues arrière. La voiture reçoit quatre freins à disque, des suspensions indépendantes, deux coffres et un panneau de toit amovible qui se range sous le capot avant.

Cette formule explique une grande partie de son charme. La puissance reste raisonnable, mais la masse est contenue et concentrée près du centre de la voiture. La X1/9 privilégie donc l’équilibre, la précision de conduite et la conservation de la vitesse en courbe plutôt que les accélérations brutales.

Fiat, puis Bertone : qui fabriquait réellement la X1/9 ?

La réponse demande une nuance. De 1972 à 1982, les carrosseries sont construites chez Bertone, puis acheminées chez Fiat pour recevoir la mécanique et les finitions. La voiture est alors commercialisée comme Fiat X1/9.

En 1982, Fiat souhaite arrêter le modèle. Bertone croit encore à son potentiel et reprend la responsabilité complète de la fabrication ainsi que de la commercialisation. Les emblèmes Fiat cèdent la place aux badges Bertone, visibles notamment sur le capot et les montants arrière. La voiture devient officiellement la Bertone X1/9, même si son architecture et sa mécanique restent étroitement liées à Fiat.

Ce passage n’est donc pas un simple changement de logo. Il marque le moment où le carrossier qui avait dessiné et produit la coque prend en charge l’ensemble du véhicule. La production se poursuit jusqu’en 1989, avec différentes finitions selon les pays, dont les VS, SE et Gran Finale.

Combien d’exemplaires de Fiat et Bertone X1/9 ont été produits ?

Période Marque portée par la voiture Production couramment citée
1972-1982 Fiat X1/9 Environ 140 500 exemplaires
1982-1989 Bertone X1/9 Environ 19 500 exemplaires
Total Fiat et Bertone Environ 160 000 exemplaires

Ces nombres, repris par plusieurs ouvrages et spécialistes, ne coïncident pas exactement avec le total d’environ 150 000 unités communiqué par Fiat Heritage en 2022. D’autres publications avancent encore des totaux plus élevés. Les écarts peuvent venir des méthodes de comptage, des années-modèles, des voitures assemblées pour certains marchés ou de données historiques arrondies.

La conclusion raisonnable est la suivante : la X1/9 a été produite à environ 160 000 unités sur dix-sept ans, dont un peu moins de 20 000 sous la seule marque Bertone. Cette dernière phase est donc nettement plus rare que la période Fiat, sans pour autant faire de chaque Bertone X1/9 une série limitée.

Les principales évolutions : 1300, 1500 et séries Bertone

Version Période indicative Moteur Boîte Puissance européenne annoncée
X1/9 1300 1972-1978 1 290 cm³ Manuelle 4 rapports 75 ch
X1/9 1500 1978/1979-1989 1 498 cm³ Manuelle 5 rapports 85 ch

Les dates et puissances peuvent varier selon le marché et les normes antipollution. Les voitures nord-américaines ont notamment reçu des équipements et réglages spécifiques, avec des puissances inférieures sur certaines années.

Le passage au 1 500 cm³ apporte surtout davantage de souplesse et une cinquième vitesse appréciable sur route. Durant la période Bertone, les finitions s’enrichissent : peintures bicolores, selleries plus valorisantes, vitres électriques et jantes en alliage apparaissent selon les séries et les pays. La VS est précisément connue pour sa présentation bicolore, ses jantes en alliage et son équipement plus complet. Mais l’identification d’un exemplaire doit toujours reposer sur son numéro de châssis, sa plaque constructeur, son année et sa documentation, car les configurations ont évolué et des pièces ont été remplacées au fil du temps.

L’exemplaire photographié : une Bertone soignée, mais avec des jantes non d’origine

La voiture transmise par son propriétaire reprend plusieurs marqueurs des X1/9 tardives : badges Bertone, présentation bicolore, toit targa noir, pare-chocs enveloppants et intérieur rouge. Elle est conservée depuis plusieurs années par le même propriétaire, qui en prend soin. Sans numéro de châssis, date de première mise en circulation ni plaque constructeur, il serait toutefois imprudent de lui attribuer une année ou une série précise.

Les jantes visibles sur la photographie ne correspondent pas aux montes Bertone habituellement documentées pour la X1/9. D’après les informations communiquées, elles proviennent d’une Lancia et portent des cabochons au scorpion Abarth. Leur dessin à ouvertures arrondies donne une allure plus récente à la voiture, mais le logo central ne suffit pas à identifier leur fabricant ou leur modèle d’origine.

Pour établir précisément leur provenance, il faut déposer une roue et relever sur sa face intérieure :

  • la marque du fabricant ;
  • la largeur et le diamètre, par exemple 5Jx13 ou 6Jx14 ;
  • le déport, indiqué par « ET » ;
  • l’entraxe, normalement 4×98 sur une X1/9 ;
  • la référence moulée ou frappée ;
  • toute date de fabrication.

Cette vérification permet aussi de contrôler que le déport, la largeur, les pneus et les boulons sont compatibles. Une jante qui se monte mécaniquement peut modifier la géométrie, charger les roulements, frotter dans les passages de roue ou fausser l’apparence d’origine.

Une modification de roues correctement dimensionnée reste généralement réversible, mais elle doit être déclarée si elle change les caractéristiques techniques du véhicule. Notre guide sur les modifications, l’homologation et la carte grise d’une voiture ancienne détaille les points administratifs à contrôler.

À quoi ressemblent les jantes d’origine d’une Bertone X1/9 ?

Il n’existe pas une seule jante valable pour toutes les X1/9. La monte dépend de l’année, de la finition et du marché. Les premières Fiat ont reçu différentes roues en acier ou en alliage de 13 pouces. Les 1500 et les séries Bertone ont également utilisé plusieurs dessins, dont des jantes Cromodora et, sur certaines versions tardives, des alliages à multiples ouvertures parfois qualifiés de « téléphone ».

Bertone X1/9 de 1982 vue de l’avant avec ses jantes de période

Cette Bertone X1/9 de 1982 documentée à l’International MotorXpo de Hong Kong montre une configuration de période avec de petites jantes en alliage de 13 pouces. Photo : User3204, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, image redimensionnée.

Les clubs spécialisés signalent notamment des jantes Speedline à 16 trous sur certaines Bertone X1/9 IN, tandis que les versions Sport de la seconde moitié des années 1980 peuvent recevoir des montes spécifiques en 185/60 R13. Les brochures et catalogues de pièces restent indispensables, car les équipements diffèrent selon les destinations et Bertone a parfois utilisé des stocks différents en fin de carrière.

Bertone X1/9 de 1982 vue de l’arrière dans une configuration de période

La vue arrière permet de comparer la hauteur de caisse, les pare-chocs, le toit targa et les proportions des roues d’une X1/9 préservée. Photo : User3204, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, image redimensionnée.

Pour une remise en configuration d’origine, la meilleure méthode consiste à partir de l’année-modèle exacte, du pays de livraison et de la finition, puis à rechercher la référence correspondante dans une brochure d’époque ou un catalogue de pièces. Acheter uniquement « des jantes de X1/9 » sans vérifier ces éléments peut conduire à installer un dessin correct pour une autre série.

Ce qu’il faut vérifier sur une X1/9 aujourd’hui

La corrosion avant la mécanique

La rouille est le principal risque. Il faut inspecter les bas de caisse, planchers, passages de roue, ancrages de suspension, supports moteur, entourages de phares escamotables et cloisons proches du groupe motopropulseur. Certaines zones sont composées de plusieurs épaisseurs et peuvent cacher des dégâts importants.

Le circuit de refroidissement

Le radiateur se trouve à l’avant alors que le moteur est derrière les sièges. De longues canalisations traversent donc la voiture. Un liquide inadapté, des tuyaux corrodés, un radiateur encrassé ou un ventilateur défaillant peuvent entraîner des surchauffes et de la corrosion interne. L’historique des vidanges de liquide est aussi important que l’aspect du moteur.

La distribution, la boîte et les commandes

Hagerty recommande une distribution remplacée tous les 25 000 miles ou trois ans dans son guide britannique ; en pratique, il faut suivre les préconisations du spécialiste et tenir compte du temps écoulé, même si la voiture roule peu. Une commande de boîte floue peut provenir de bagues ou tringleries usées et finir par abîmer la transmission. Les pièces de mécanique courante restent plus accessibles que certains éléments de carrosserie, d’habitacle ou de boîte.

Le toit targa et les équipements

Le panneau de toit doit s’ajuster correctement, ses joints ne pas fuir et les évacuations rester libres. Les phares escamotables, l’instrumentation, les vitres électriques éventuelles et les commandes doivent tous être testés. Une voiture complète et documentée vaut souvent mieux qu’un exemplaire moins cher auquel manquent des pièces spécifiques.

Une voiture de collection à préserver sans effacer son histoire

Les jantes Lancia à cabochons Abarth montées sur l’exemplaire photographié ne condamnent pas son intérêt. Elles font partie de son histoire récente et peuvent être conservées pour l’usage, à condition que leurs dimensions et leur montage soient sûrs. Pour améliorer l’authenticité, le propriétaire peut rechercher en parallèle un jeu de jantes correspondant exactement à l’année et à la finition, sans modifier irréversiblement la voiture.

La valeur d’une X1/9 dépend davantage de la structure, de l’absence de corrosion grave, de la qualité des réparations et du dossier d’entretien que d’un simple jeu de roues facilement remplaçable. Une expertise documentée permet de distinguer les modifications réversibles des transformations plus importantes. Les propriétaires qui souhaitent situer leur exemplaire sur le marché peuvent aussi faire estimer gratuitement leur voiture, tandis que les amateurs en recherche d’un modèle peuvent consulter les voitures de collection à vendre.

Pour préserver cette traçabilité, il est utile de conserver les anciennes factures, les références des pièces déposées, les photographies avant travaux et, si possible, les roues retirées. Cette méthode est détaillée dans notre article consacré au dossier historique d’une voiture de collection.

Questions fréquentes sur la Fiat et Bertone X1/9

Combien de Bertone X1/9 ont été produites ?

Le chiffre le plus couramment cité est d’environ 19 500 voitures produites et commercialisées sous la marque Bertone entre 1982 et 1989.

Quelle est la production totale de la X1/9 ?

Environ 160 000 exemplaires sont généralement retenus, dont près de 140 500 Fiat et 19 500 Bertone. Fiat Heritage communique un total arrondi à environ 150 000 unités.

Pourquoi certaines X1/9 portent-elles un logo Bertone plutôt que Fiat ?

À partir de 1982, Bertone reprend la fabrication complète et la commercialisation du modèle après la décision de Fiat de l’arrêter. Les voitures reçoivent alors les emblèmes Bertone.

Quelle est la différence entre les X1/9 1300 et 1500 ?

La 1300 utilise un quatre-cylindres de 1 290 cm³ et une boîte à quatre rapports. La 1500 reçoit un moteur de 1 498 cm³ et une boîte à cinq rapports, avec des performances et un agrément routier améliorés.

Les jantes Abarth visibles sur la voiture sont-elles d’origine ?

Non. Selon les informations fournies, il s’agit de jantes provenant d’une Lancia avec des cabochons Abarth. Leur référence exacte doit être relevée au dos de la jante pour identifier le modèle donneur et vérifier la compatibilité.

Quelles jantes faut-il pour restaurer une Bertone X1/9 ?

Cela dépend de l’année, de la finition et du marché. Il faut croiser le numéro de châssis et la documentation d’époque avant d’acheter un jeu de roues, car plusieurs dessins de jantes de 13 pouces ont été utilisés.

Sources

Informations vérifiées le 18 octobre 2026. Les spécifications peuvent varier selon l’année et le marché.