Oui, Bugatti a définitivement quitté l’orbite capitalistique du groupe Volkswagen. Le 9 septembre 2026, Porsche a finalisé la vente de ses participations dans Bugatti Rimac et Rimac Group à un consortium conduit par HOF Capital. Cette opération met fin au dernier lien financier entre Volkswagen et la marque de Molsheim, vingt-huit ans après son rachat par le constructeur allemand.
La formule « Volkswagen vend Bugatti » mérite toutefois une précision. Volkswagen avait déjà cessé de contrôler directement le constructeur français lors de la création de Bugatti Rimac en 2021. Depuis cette date, Rimac Group détenait 55 % de la coentreprise et Porsche — marque appartenant au groupe Volkswagen — les 45 % restants. C’est cette participation de Porsche, ainsi que sa participation dans Rimac Group, qui vient d’être cédée.
Informations vérifiées le 15 septembre 2026 à partir des communiqués officiels de Bugatti, Porsche et Volkswagen Group. La transaction a été annoncée en avril puis finalisée le 9 septembre 2026 après les autorisations réglementaires.
Bugatti a-t-elle vraiment quitté le groupe Volkswagen ?
Oui, au sens capitalistique. Porsche ne détient désormais plus de participation dans Bugatti Rimac ni dans Rimac Group. Puisque Porsche constituait le dernier relais financier du groupe Volkswagen dans l’entreprise, la vente clôt le chapitre ouvert en 1998 par le rachat de Bugatti.
Il serait cependant inexact de présenter ce départ comme une rupture intervenue du jour au lendemain. La séparation s’est déroulée en deux grandes étapes :
- En 2021, Bugatti est sortie du contrôle direct de Volkswagen pour intégrer la coentreprise Bugatti Rimac, contrôlée à 55 % par Rimac Group et détenue à 45 % par Porsche.
- En 2026, Porsche a vendu ses 45 % de Bugatti Rimac et l’intégralité de sa participation dans Rimac Group au consortium mené par HOF Capital.
Bugatti n’était donc plus une filiale automobile classique de Volkswagen depuis 2021. Mais la présence de Porsche maintenait un lien économique et stratégique évident avec le groupe allemand. Ce lien est désormais rompu.
De Volkswagen à Rimac : les dates qui expliquent le divorce
| Date | Événement | Conséquence |
|---|---|---|
| 1998 | Volkswagen rachète les droits de la marque Bugatti | Début de la renaissance moderne de Bugatti |
| 2005 | Lancement de la Veyron | Bugatti devient la vitrine technologique du groupe Volkswagen |
| 2021 | Création de Bugatti Rimac | Rimac Group prend 55 %, Porsche conserve 45 % |
| 24 avril 2026 | Porsche annonce la vente de ses participations | HOF Capital et ses partenaires préparent leur entrée au capital |
| 9 septembre 2026 | La transaction est finalisée | Fin du dernier lien capitalistique avec Volkswagen |
Le rôle de Volkswagen dans la renaissance de Bugatti reste considérable. Le groupe a relancé une marque alors largement absente du paysage industriel, financé le développement de la Veyron et installé Bugatti au sommet de sa stratégie de prestige. La Chiron, la Divo, la Centodieci, la Bolide et la W16 Mistral ont ensuite prolongé cette ère dominée par le moteur W16.

La Veyron incarne la renaissance de Bugatti financée par Volkswagen. Photo modifiée : Calreyn88, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 ; plaque anonymisée.
Pour approfondir cette période, notre dossier consacré à l’histoire de Bugatti revient sur la trajectoire de la marque depuis Ettore Bugatti jusqu’à sa renaissance contemporaine.
Qui possède Bugatti en 2026 ?
Avant la transaction, l’actionnariat de Bugatti Rimac était parfaitement identifié : Rimac Group détenait une majorité de 55 %, tandis que Porsche en possédait 45 %. Porsche détenait aussi environ 21 % de Rimac Group — 20,6 % selon le communiqué publié lors de l’annonce d’avril.
Les parts de Porsche ont été acquises par un consortium mené par la société d’investissement new-yorkaise HOF Capital. BlueFive Capital en est présenté comme le principal investisseur, aux côtés d’autres investisseurs institutionnels américains et européens.
Les communiqués de clôture ne publient pas la ventilation exhaustive du nouvel actionnariat entre tous les membres du consortium. Il est donc plus rigoureux d’écrire que Rimac Group et les nouveaux investisseurs conduits par HOF Capital contrôlent désormais l’ensemble, plutôt que d’affirmer que Mate Rimac ou Rimac Group possède seul 100 % de Bugatti.
Sur le plan opérationnel, le poids de Mate Rimac se renforce nettement. Déjà CEO de Bugatti Rimac depuis 2021, il prend également la présidence de Bugatti Automobiles. Christophe Piochon quitte ses fonctions de président de Bugatti et de directeur opérationnel de Bugatti Rimac. Marko Brkljačić doit rejoindre la direction comme Chief Operating Officer, tandis qu’Hendrik Malinowski est appelé à devenir Chief Commercial Officer.
Pourquoi Porsche vend-elle ses parts dans Bugatti Rimac ?
Porsche explique officiellement l’opération par sa volonté de se recentrer sur son cœur de métier. Le discours rejoint celui du groupe Volkswagen, qui mène une revue plus large de ses participations afin de concentrer ses capitaux et ses capacités de gestion sur les activités jugées essentielles.
En août 2026, Hauke Stars, membre du directoire de Volkswagen Group, citait explicitement Bugatti Rimac parmi les participations considérées comme mieux placées entre d’autres mains. Le groupe vise une réduction d’environ un tiers de son portefeuille de participations d’ici à 2030.
La vente représente par ailleurs une rentrée d’argent substantielle. Porsche chiffre le produit de la cession à environ un milliard d’euros et prévoit d’en consacrer 250 millions au financement complémentaire de ses engagements de retraite. Ces données, communiquées officiellement lors de la clôture, donnent une dimension financière très concrète au retrait.
Il serait néanmoins réducteur de lire l’opération comme un simple besoin de liquidités. Elle correspond aussi à une logique industrielle : Bugatti poursuit désormais son développement autour de Mate Rimac, tandis que Porsche libère du capital et simplifie son portefeuille.
Bugatti va-t-elle quitter Molsheim ?
Non. Aucun transfert de la production Bugatti vers la Croatie n’a été annoncé. Les voitures de la marque continuent d’être assemblées à la main à Molsheim, en Alsace, berceau historique de Bugatti depuis 1909.
Le siège de Bugatti Rimac se trouve à Sveta Nedelja, en Croatie, mais Bugatti Automobiles conserve ses activités et son identité françaises. Cette distinction existait déjà lors de la création de la coentreprise en 2021 : Bugatti et Rimac devaient rester deux marques indépendantes, avec leurs sites de production, leurs réseaux commerciaux et leurs produits respectifs.
La confirmation la plus tangible est industrielle. Bugatti a ouvert en juillet 2026 La Manufacture, une nouvelle extension de son site de Molsheim destinée à accompagner la prochaine phase de production. Au moment de l’annonce du nouvel actionnariat, la Tourbillon entrait parallèlement dans la phase finale de ses essais.

Le site historique de Bugatti à Molsheim, où la production de la marque demeure implantée. Photo : Arnaud 25, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
En clair, Bugatti change d’actionnaires, pas de patrie industrielle.
Quel avenir pour la Bugatti Tourbillon ?
Le retrait de Porsche ne remet pas en cause la Tourbillon. Au contraire, cette hypercar constitue la première Bugatti développée entièrement sous l’ère Bugatti Rimac. Elle matérialise donc déjà la transition entre le chapitre Volkswagen et la nouvelle gouvernance.
La rupture technique est profonde. Après la Veyron et la Chiron conçues autour du W16 quadriturbo, la Tourbillon adopte un nouveau V16 atmosphérique hybridé. Ce choix répond aussi à une question fréquente : non, l’arrivée de Rimac ne transforme pas immédiatement Bugatti en constructeur 100 % électrique.
Rimac apporte une expertise reconnue en électrification et en développement de véhicules à très hautes performances, mais Bugatti conserve une proposition distincte. La Tourbillon associe combustion, hybridation et mécanique spectaculaire plutôt que de reprendre simplement l’architecture électrique de la Rimac Nevera.
Les futurs propriétaires peuvent également consulter notre article sur la manière de documenter la configuration d’une Bugatti Tourbillon avant sa revente. Sur une automobile aussi rare, la traçabilité des choix de personnalisation, des factures et des interventions sera déterminante.
Que change cette séparation pour les propriétaires de Bugatti ?
À court terme, probablement peu de choses dans l’usage quotidien. Bugatti n’a annoncé ni interruption de son réseau, ni modification des garanties, ni déplacement du service après-vente. La continuité de Molsheim et la nouvelle organisation dirigeante sont précisément présentées comme les fondations d’une vision à dix ans.
Les propriétaires doivent néanmoins surveiller plusieurs éléments dans la durée :
- la continuité de l’approvisionnement en pièces pour les Veyron et Chiron ;
- l’organisation du réseau de maintenance après la disparition du lien capitalistique avec Porsche ;
- la conservation des archives de production et de configuration ;
- la capacité de Bugatti Rimac à financer durablement le service des générations W16 ;
- la stabilité de l’équipe technique et commerciale à Molsheim.
Aucun de ces points ne constitue aujourd’hui une alerte officielle. Ce sont simplement les indicateurs rationnels à observer lorsqu’un constructeur aussi exclusif change de structure actionnariale.
Les Bugatti de l’ère Volkswagen vont-elles prendre de la valeur ?
La fin de l’ère Volkswagen renforce la lecture historique des Veyron et Chiron : elles appartiennent désormais à un chapitre clos. La Veyron restera la voiture qui a matérialisé l’ambition de Ferdinand Piëch et replacé Bugatti au sommet de l’automobile mondiale. La Chiron représente l’aboutissement de la formule W16 avant la transition vers la Tourbillon.
Cela ne signifie pas que leur cote augmentera automatiquement. Sur le marché de collection, un changement d’actionnaire ne suffit pas à créer une plus-value. La valeur d’un exemplaire dépend toujours de sa version, de sa rareté, de son état, de son kilométrage, de sa configuration, de son historique d’entretien et de la qualité de sa documentation.
La séparation peut néanmoins renforcer la distinction entre trois époques :
- les Bugatti historiques d’avant-guerre ;
- les EB110 de l’aventure italienne des années 1990 ;
- les Veyron et Chiron de la renaissance Volkswagen, désormais achevée ;
- les Tourbillon et futurs modèles de l’ère Bugatti Rimac indépendante de Porsche.
Pour suivre les véhicules de prestige disponibles sur le marché, consultez la sélection de voitures de collection et d’exception à vendre sur Plethore Cars.
Ce qu’il faut retenir
Bugatti ne dépend plus financièrement du groupe Volkswagen. Le 9 septembre 2026, Porsche a cédé ses 45 % de Bugatti Rimac et sa participation dans Rimac Group au consortium dirigé par HOF Capital, pour un produit annoncé d’environ un milliard d’euros.
Cette sortie conclut une transition engagée dès 2021, mais elle n’efface pas l’héritage de Volkswagen : sans le groupe allemand, la Veyron, la Chiron et la renaissance moderne de Molsheim n’auraient probablement pas pris cette forme.
Pour Bugatti, le véritable test commence maintenant. La production reste française, la Tourbillon poursuit ses essais et Mate Rimac renforce son autorité. La réussite de cette nouvelle indépendance se mesurera moins au changement de logo sur un organigramme qu’à la capacité de la marque à préserver son artisanat, accompagner les générations W16 et livrer une Tourbillon fidèle à ses promesses.
Questions fréquentes
Volkswagen possède-t-il encore Bugatti ?
Non. Depuis la finalisation de la vente des participations de Porsche le 9 septembre 2026, le groupe Volkswagen ne possède plus de lien capitalistique avec Bugatti Rimac ou Rimac Group.
Est-ce Volkswagen ou Porsche qui a vendu Bugatti ?
C’est Porsche qui a vendu ses participations. Porsche appartient au groupe Volkswagen et constituait son dernier lien financier avec Bugatti. Dire que « Bugatti quitte Volkswagen » est donc juste dans son résultat, mais la transaction juridique concerne les parts détenues par Porsche.
Qui a racheté les parts de Porsche dans Bugatti ?
Un consortium mené par HOF Capital, avec BlueFive Capital comme principal investisseur et d’autres investisseurs institutionnels américains et européens.
Combien Porsche a-t-il reçu pour la vente ?
Porsche annonce un produit de cession d’environ un milliard d’euros. Le constructeur prévoit d’affecter 250 millions d’euros au financement complémentaire de ses engagements de retraite.
Bugatti appartient-elle désormais entièrement à Rimac ?
Les communiqués officiels ne permettent pas d’affirmer que Rimac Group ou Mate Rimac détient seul 100 % de Bugatti. Le consortium conduit par HOF Capital a repris les participations de Porsche, tandis que la gouvernance opérationnelle se concentre autour de Mate Rimac.
Les Bugatti seront-elles toujours fabriquées en France ?
Oui. Bugatti maintient sa production à Molsheim, où la nouvelle extension appelée La Manufacture a ouvert en juillet 2026.
Bugatti va-t-elle devenir une marque entièrement électrique ?
Aucun passage immédiat au 100 % électrique n’est annoncé. La Tourbillon, première Bugatti développée intégralement sous Bugatti Rimac, utilise un V16 atmosphérique associé à une motorisation hybride.
Sources principales
- Bugatti Newsroom — Finalisation de la transition de l’actionnariat, 9 septembre 2026 : clôture de l’opération, ancien actionnariat, nouveaux investisseurs, gouvernance, Molsheim et Tourbillon.
- Porsche Newsroom — Finalisation de la vente des participations : date de clôture, produit de cession d’environ un milliard d’euros et emploi prévu d’une partie des fonds.
- Bugatti Newsroom — Création de Bugatti Rimac en 2021 : répartition initiale 55/45, indépendance des marques et maintien de la production à Molsheim.
- Volkswagen Group — Histoire de Bugatti : rachat et relance de la marque par Volkswagen en 1998.
- Volkswagen Group — Réorganisation du portefeuille de participations, 27 août 2026 : stratégie de recentrage du groupe et mention de Bugatti Rimac.
- Bugatti Newsroom — La Tourbillon, première Bugatti conçue sous Bugatti Rimac : développement sous la nouvelle entité et architecture V16 hybride.
Crédits images
- Image mise en avant : Bugatti Tourbillon à Chantilly, Y.Leclercq, licence CC BY-SA 4.0. Photo modifiée pour anonymiser les personnes à l’arrière-plan.
- Bugatti Veyron : 2009 Bugatti Veyron 16.4, Calreyn88, licence CC BY-SA 4.0. Photo modifiée pour anonymiser la plaque.
- Molsheim : Bugatti Molsheim 007, Arnaud 25, licence CC BY-SA 4.0.
Dernière vérification : 15 septembre 2026. Prochaine revue recommandée : décembre 2026, ou plus tôt en cas de publication détaillée du nouvel actionnariat ou d’annonce industrielle concernant la Tourbillon.
